L’affaire des fausses revues Elsevier financées par le laboratoire pharmaceutique Merck est déjà un peu ancienne (pour ceux qui ont raté le début c’est ici puis ici que ça se passe) et a été relayée par plusieurs blogs (une petite revue ici).
Voulant malgré cela en faire la relation, j’hésitais cependant sur l’angle d’attaque à adopter. Je pensais dans un premier temps mettre cette affaire en perspective avec la pratique du ghostwriting, qui consiste à faire signer par une caution scientifique un article rédigé en fait par une petite main d’un laboratoire pharmaceutique. Je songeais un moment évoquer les associations curieuses entre un éditeur scientifique et une agence de communication (Elsevier n’a pas le monopole de cela…). Je reviendrai sans doute sur ces questions très intéressantes, mais les hasards de la veille m’ont fait choisir un autre éclairage.
Grâce à Twitter (merci @gaelos !), mon attention a été attirée par un article du blog « Annoyed Librarian » intitulé « Elsevier is more clever than you ». Rythmé par le refrain « Elsevier is clever, researchers and librarians are suckers », le texte énonce des points de vue assez tranchés mais plutôt pertinents :

  • Elsevier est une entreprise commerciale dont le but est de faire de l’argent et elle y arrive efficacement.
  • Les bibliothécaires (et les chercheurs) se plaignent mais ne font rien si ce n’est cracher au bassinet.

Il est évident que l’Open Access a encore du chemin à faire, ce à quoi semble faire allusion l’auteur du billet.  Mais s’il y a des pesanteurs institutionnelles qu’il ne faut pas nier ni sous-estimer, force est de constater que les éditeurs bleus, verts, blancs ou jaunes ne nous facilitent pas trop la tâche. En 2007, Elsevier et d’autres grands éditeurs scientifiques  ont ainsi lancé PRISM (Partnership for Research Integrity in Science & Medicine) dont le but avoué est de miner l’Open Access en lui reprochant de mettre en péril la qualité, la viabilité et l’indépendance de la recherche scientifique (voir à ce sujet cet article d’Affordance). Au vu de l’affaire Merck, cette prise de position est à mourir de rire. Il est regrettable que l’article d’Annoyed Librarian n’y fasse pas référence…

Un détail : le blog Annoyed Librarian est hébergé par le Library Journal. Le Library Journal est publié par Reed Business Information. Reed Business Information est une division de … Reed Elsevier.